Kanos
iKanoGrafik
Street Graphiste
Artiste indépendant, originaire de la banlieue nord de Paris, concepteur du projet CelloGraff, ma principale préoccupation se trouve au cœur de la ville, là où les codes se bouleversent, se recouvrent et disparaissent. La rue digère tout et revêt différentes apparences au cours du temps.

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Archive pour la catégorie ‘PRESS’

iKanoGrafik dans Graff’it

interview sur le ODV crew avec Astro & Esty

CelloGraff dans GraffitiArt



Le graffiti commence á être reconnu comme un mouvement artistique et fait l’objet de nombreuses expositions. Paradoxalement il a quasiment disparu de la rue et est réduit aux terrains vagues et lieux désaffectés. Lui redonner une place légitime dans la ville tout en la respectant est la mission que se sont fixée Kanos et Astro, deux graffeurs parisiens. Leur parade: tendre du film cellophane entre deux supports verticaux pour reconstituer un mur éphémère en plein cœur de la cité. Malin!


Comment vous est venue l’idée de peindre sur du cellophane tendu en pleine rue ?
Kanos: Cette idée est née en 2006, lorsque j’étais aux Beaux Arts .
Avec un collectif de graphistes qui s’appelait Poétiquement correct, on a d’abord utilisé du scotch puis du cellophane pour relier des éléments du mobilier urbain. On cherchait á matérialiser des espaces vides et á créer des supports d’expression éphémères. Quelques années plus tard, en discutant avec Astro, on a eu l’idée de réinvestir ce principe pour l’appliquer au graffiti.
Astro: l’idée initiale était de peindre dans des lieux où le graffiti n’a pas ou plus sa place et de s’approprier la ville, le temps d’un instant, sans pour autant la dégrader. On en avait marre de toujours peindre cachés dans des terrains vagues, derniers espaces de la ville où le graffiti est toléré. On voulait montrer notre travail aux plus grand nombre.

Vous avez commencé par investir les quais de Seine de Paris…
Kanos: Pour nous, c’était assez symbolique: c’est ici qu’ont été réalisés les premiers graffs parisiens au début des années 80. C’est une sorte de retour aux sources, un petit clin d’œil. La Propreté de Paris y passe quatre fois par jour et le graffiti n’y a plus du tout sa place. C’est aujourd’hui le dernier lieu où l’on s’attend á en voir.
Astro: Peindre dans ce cadre est assez plaisant. Nous sommes entourés de bâtiments historiques, beaucoup de touristes et de Parisiens nous regardent peindre.

Justement, comment les passants perçoivent votre action?
Astro: Ce qui surprend le plus les gens au premier abord, c’est que l’on fait ça gratuitement, uniquement pour le plaisir. La gratuité est quelque chose qui dérange. Ils ne comprennent pas où est notre intérêt.
Kanos: On n’a pour le moment jamais été confronté á des remarques négatives. Beaucoup de gens prennent des photos et nous parlent… On est en contact direct avec eux. Ils nous voient peindre et sont témoins de la construction et de l’évolution de nos graffs. Habituellement, le graffiti n’a pas de visage et leur est imposé lorsqu’ils ouvrent la porte de chez eux le matin. Les passants sont donc très contents de pouvoir discuter avec nous et sont généralement surpris par ce que l’on peut faire avec une bombe de peinture!

Vous n’avez pas d’autorisation, pourtant vous n’enfreignez pas la loi…
Kanos: Pour être honnête, on ne s’est pas trop posé la question quand on s’est lancé. On ne connait pas non plus assez bien la loi pour pouvoir dire que l’on ne l’enfreint pas. Une chose est sûre, on ne dégrade pas puisque l’on peut retirer le cellophane á tout moment sans créer de dommages.
Astro: La police passe régulièrement lorsqu’on peint. La plupart du temps, ils ne s’arrètent même pas! Je pense que notre attitude y est pour beaucoup. Lorsqu’on les voit arriver, on continue de peindre comme si de rien n’était. S’ils nous voyaient fuir, je pense que cela se passerait autrement. Parfois les flics nous demandent de retirer notre œuvre en fin de journée. Quant á la Propreté de Paris, elle laisse nos œuvres en place tant qu’elles ne sont pas endommagées. Si bien que certaines d’entre-elles sont restées jusqu’á une semaine!

Vous n’avez jamais eu de souci?
Kanos: Non car on est ouvert au dialogue avec les autorités, et ça se passe toujours bien. La police s’aperçoit que l’on n’est pas des sauvageons et que l’on sait s’exprimer. En cas de problème, on propose de décrocher notre œuvre ce qui met les flics dans la position de "sapeur d’ambiance" car des dizaines de gens nous regardent peindre. Donc généralement ils nous laissent terminer sans faire de vagues.
Astro: Je pense qu’avec les expositions successives du Grand Palais et de la Fondation Cartier, les gens portent un nouveau regard sur le graffiti. De plus en plus de personnes s’y intéressent. On n’est désormais plus uniquement perçu comme des délinquants qui dégradent la ville.

Comment choisissez-vous vos spots?

Astro: On choisi les endroits les plus inaccessibles habituellement pour des graffeurs. On peint la plupart du temps près de monuments emblématiques de Paris comme Notre Dame, le Sacré Cœur ou la Tour Eiffel… Car la seule trace qu’il nous reste de nos action sont des photos. Alors autant que le cadre soit sympa!
Kanos: Notre système nous permet de nous installer partout où il y a du mobilier urbain. Donc les possibilités sont illimités!

Pour le moment vous vous contentez de reproduire des murs éphémères. Quelle est la prochaine étape?
Kanos: On explore le concept doucement. Il fallait d’abord tester la faisabilité et voir la réaction du public et des autorités. Maintenant que l’on connait mieux les contraintes techniques et humaines on va pouvoir se lâcher un peu plus! Pourquoi ne pas faire des surfaces polymorphes, des découpes, des superpositions…
Astro: Et nous attaquer á des lieux encore plus inattendus!

Vous n’avez pas peur d’être copiés?
Astro: On se fera sans soute copier á l’instar du Light Graff. Ce n’est pas très grave, au contraire cela voudra dire que l’on a créé quelque chose d’intéressant.
Kanos: On a quand même déposé Cellograff, au cas où! (rires).

CelloGraff dans le Parisien

CelloGraff sur France Info

pour écouter l’interview cliquez Ici:

Interview France Info